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L'article de la semaine

Le retard d’Albert Einstein
au service de la relativité du temps

Le retard d’Albert Einstein au service de la relativité du temps

Certains traits du comportement d’Albert Einstein laissent à penser qu’il ait pu être un enfant autiste et, particulièrement, l’étonnement qui marque l’expression de son visage, ses cheveux en bataille, ses tenues vestimentaires négligées, son air un peu loufoque, toujours en contradiction avec la société bienséante et politiquement correcte ; d’autres traits sont plus pertinents : absence de langage jusqu’à l’âge de trois ans, réactions violentes d’opposition envers sa sœur ou d’autres personnes, enfermement sur lui-même et refus de communiquer avec les enfants de son âge…

L’autisme se différencie de la névrose par la perte de la réalité du monde extérieur. L’objet (la mémoire sphérique du “ paradis perdu ” : la période de la gestation) et l’autiste ne font plus qu’un ; il y a symbiose mère-nourisson. Cependant, il semble qu’Albert Einstein ait eu très tôt une représentation intérieure de la réalité et de son moi. Son retard privilégierait l’hypothèse d’une exceptionnelle profondeur introspective de la réflexion et une faculté remarquable à penser à partir de représentations d’images visuelles. Il travaillait par expérience de pensée. Il a conçu la théorie de la relativité en s’imaginant chevaucher un rayon lumineux dans l’espace. Son laboratoire expérimental, c’était sa tête et son stylo. Plus probablement s’agit-il chez Einstein d’une fixation de la position dépressive aux environs du quatrième mois, d’après Melanie Klein, faisant suite à la phase persécutive du mauvais objet.

Un nom emblématique
Albert n’a manqué ni d’amour ni d’affection les premiers mois de son existence mais la vie sociale des Einstein est alors jalonnée d’échecs sociaux et de déplacements géographiques, qui vont contribuer à maintenir un état dépressif anaclitique. Cette seconde phase, située au huitième mois, est productrice d’une forte angoisse chez le nourrisson, perçue comme un refus affectif de la mère. La naissance de sa sœur va encore accentuer l’indisponibilité de la mère et rien de surprenant à ce qu’enfant, il se soit protégé en se réfugiant dans son isolement ; et l’on apprend par ses biographes que, très tôt, il dut se débrouiller seul. L’enfant va se vivre inconsciemment responsable de cet abandon et mettre en place des mécanismes d’autopunition créant un processus d’échecs à répétition. Ils sont nombreux dans la vie d’Albert en commençant par les échecs scolaires, affectifs, puis ses difficultés à trouver sa place socialement. La névrose d’échec est intrinsèquement liée à la névrose d’abandon dont la genèse se cristallise dans l’angoisse du temps qui jaillit devant le principe de réalité ou la temporalité, c’est-à-dire la mort.
Albert Einstein va sublimer, d’une part une angoisse intense de persécution en œuvrant toute sa vie pour la paix et l’humanité et d’autre part, une angoisse du temps incommensurable en la théorie de la relativité du temps. Son nom emblématique représente de nos jours toute la science et les avancées cosmologiques qui ont permis une meilleure compréhension de l’univers. Adulé, contesté, “ détracté ”, accusé d’avoir “ totalement perdu la boule ” par Oppenheimer, ses théories, émises des années auparavant, se vérifient depuis sa mort par les expériences des grands laboratoires scientifiques à l’échelle planétaire. Son immense génie allait ébranler toutes les certitudes acquises depuis le début de l’histoire des sciences. Il est aussi à l’origine, avec Bernard Russel, du premier traité de non-prolifération des armes nucléaires et d’une réflexion commune des scientifiques internationaux sur une éthique des recherches, engageant leur responsabilité et des conséquences sur l’humanité de leurs découvertes. Il travailla toute sa vie pour la science et pour la paix dans le monde.

Une boussole lui indique le sens…
Albert voit le jour le 14 mars 1879 à Ulm dans une famille juive, depuis longtemps installée en Allemagne. Ses parents forment un couple uni où s’exprime le goût des arts et des sciences. Sa mère, Pauline Kock, est issue d’une famille qui fait fortune dans le commerce des céréales. Son père, Hermann, homme de grande culture, s’est lancé avec son frère Jacob, ingénieur, dans une entreprise familiale d’électricité. La famille se trouve rapidement contrainte de se déplacer à Munich, capitale industrielle et politique en pleine expansion, pour bénéficier de son essor économique. Ses parents, préoccupés par leur nouvelle installation et au démarrage de leur affaire d’électrochimie, n’ont guère le temps nécessaire pour s’occuper pleinement de leur enfant. Une petite sœur, Maja, naît en 1881 et la défection de la mère devait très tôt contribuer à plonger Albert dans la solitude. Cependant, sa mère, éprise d’une grande sensibilité musicale, lui offre un violon et fait venir un professeur à domicile. Albert, muré dans son mutisme, s’emporte dans des colères féroces et son professeur doit employer la menace et la sévérité pour l’obliger à assister aux leçons. Einstein parle très tard et cette anomalie suscite bien des inquiétudes chez ses parents. D’après les différents témoignages de l’entourage familial, il émet de simples babillages, sans articuler de mots. Et ce n’est que lorsqu’il intègre toutes les articulations du langage, qu’il se met à parler par phrases complètes. Dès cinq ans, Albert s’intéresse aux mouvements mécaniques et reste très préoccupé par la force qui fait se diriger, vers le nord, l’aiguille d’une boussole que son père lui a offerte. Interrogatif devant cette étrangeté, il la contemple déjà avec l’attitude d’un penseur ; inconsciemment, elle lui indique les sens de sa vie.

Cabochard et insoumis !
Les premières années d’école et ses mauvais bulletins scolaires viennent confirmer a priori un esprit peu doué pour les études. On craint, par ailleurs, une arriération mentale, tant son comportement cabochard et insoumis semble contraire aux normes de l’enseignement rigoureux allemand. Il lui est impossible d’apprendre par cœur quelque chose, quel cours que ce soit et la majorité des enseignants préjuge de son avenir, pensant que “ l’on ne tirerait rien de bon de lui ”. Malgré sa lenteur à répondre aux questions, mâchonnant les réponses avant de formuler par peur de prendre des coups de règle sur les doigts, il présente des aptitudes pour la logique des mathématiques et le latin. Il déteste le sport et sait trouver mille excuses pour éviter toute participation aux jeux collectifs. Ainsi se coupe-t-il de ses camarades, méditant dans son isolement sur les problèmes mathématiques que l’oncle Jacob se plaît à lui soumettre. Ce sont des moments d’émerveillement lorsqu’il trouve la solution. Certes, sa mère est pour beaucoup dans son comportement sauvageon, elle qui l’a mis très tôt entre les mains d’un précepteur. En grandissant, les mathématiques prennent une place toujours plus importante dans la vie d’Einstein. Elles lui procurent des moments captivants, surtout depuis sa rencontre avec la géométrie euclidienne, “ un premier amour éblouissant ”. Une foi mystique s’empare alors d’Albert qui découvre les principes du dogme religieux de Moïse. Cette dévotion exaltée ne tarde pas au-delà d’une année : son engouement pour les questions de mathématiques supérieures et la philosophie kantienne repose d’une  autre manière la question de Dieu, du temps et de l’espace. Son intérêt s’intensifie maintenant pour toutes les matières. La littérature fait son entrée avec les grands auteurs classiques et la musique semble faire de lui un futur virtuose du violon.

Au bord de la prostration
Albert va avoir quinze ans. L’entreprise Einstein connaît à nouveau des difficultés financières face à une rude concurrence du marché munichois. La famille de Pauline vient à leur rescousse mais impose la construction de la nouvelle usine de matériel électrique à Milan. Albert doit rester contre son gré en Allemagne, n’étant pas libéré des obligations militaires. Il élit domicile dans un pensionnat, se morfondant dans la solitude et se laissant envahir par la mélancolie. La vie du lycée n’arrange rien. Les garçons de sa classe repoussent maintenant cet anachorète, cet “ anormal ” ; ses professeurs tentent de le dissuader de poursuivre des études. Au bord de la prostration, un médecin consent à établir un certificat, l’autorisant à regagner sa famille pour s’y refaire une santé. C’est ainsi qu’il se sauve, évitant de justesse le service militaire en Allemagne.

Des études chaotiques
La rencontre de l’Italie et de la chaleur exubérante de son peuple transforme Albert en un garçon radieux, découvrant les arts, communiquant enfin avec les enfants de son âge. Sa sœur Maja est médusée de cette métamorphose. Mais il faut rependre les études et les difficultés surgissent à nouveau car, en quittant le lycée, le jeune homme s’est coupé de l’entrée à l’université. Son rêve, enseigner la philosophie, n’est plus réalisable et son père ne voit qu’absurdité dans cette discipline. Il souhaite que son fils fasse des études d’ingénieur en électricité et de plus, seules les formations techniques lui sont accessibles. Une rude polémique s’engage entre le père et le fils. Puis, Albert cède à la demande de celui-ci, à la condition, exige-t-il, d’entrer à l’École Polytechnique de Zurich. L’École présente un concours d’entrée sans obligation de terminer le lycée. Albert s’en tient à sa promesse et se met à préparer les épreuves, tout en aidant son père et ses oncles dans leur rude tâche, pour sortir l’entreprise de la débâcle financière. Mais réussir le concours demande à être excellent dan toutes les matières et ce n’est pas le cas pour Albert qui connaît des faiblesses en biologie, en chimie et en français. Malgré des performances inhabituelles en physique et en mathématiques, il n’obtient pas une note suffisante et est recalé. L’école accepte, devant ce prodige, qu’il assiste aux cours en auditeur libre et s’il réussit son baccalauréat, il entrera l’année suivante sans concours.

Une union contrariée
Albert, après avoir enfin été admis à l’École Polytechnique, sort quatrième de sa promotion, tandis que son cœur bat, depuis quelque temps, pour une jeune serbe, Mileva Maric, élève, elle aussi, de Polytechnique. Ses parents, et plus particulièrement sa mère, s’opposent farouchement à ce mariage. La réciprocité est la même chez les parents de Mileva. Albert reste cependant imperturbable, rien ne pouvant atteindre son bonheur avec Mileva. Sa seule inquiétude est de trouver un travail car ils vivent à présent de maigres cours particuliers. En 1901, il acquiert la nationalité suisse. Cela pouvait sembler  un avantage pour trouver un poste d’enseignant mais les obstacles allaient perdurer car les professeurs n’oublient pas son impertinence et son manque de respect, ne souhaitant pas l’associer à leurs recherches. Il est enfin accepté dans une école technique de Winterthur, en remplacement pour quelques mois du directeur de l’établissement.

Éternel optimiste malgré les obstacles
Il découvre une joie intense à enseigner aux élèves, reprenant en fin de journée ses recherches sur le mouvement cinétique des gaz. Les mois passent vite et Mileva attend un enfant. Les échecs, les problèmes en tout genre, se succèdent les uns après les autres. La famille Einstein sombre dans des faillites successives ; l’avenir professionnel d’Albert est bien compromis, Mileva venant d’échouer une seconde fois à son examen. Pourtant, il reste un éternel optimiste, plongé dans ses recherches sur la thermodynamique ou les forces moléculaires. Quelque temps plus tard, il retrouve un poste d’enseignant à Schaffhausen. Cela tourne court pour insoumission à l’autorité du directeur de l’école. Il est renvoyé et part pour Berne dans l’espoir de s’en sortir en donnant des cours de mathématiques et de physique. Dans la foulée, il postule une fonction au Bureau de la propriété industrielle et présente son doctorat sur la thermodynamique.

Une enfant cachée
Mileva accouche en Hongrie chez ses parents et Albert apprend qu’il est papa d’une petite fille, prénommée Lieserl. L’existence de cette enfant ne fut révélée que lorsqu’on put accéder aux dernières archives de 1980 et sa naissance resta un non-dit pour toute la famille Einstein ; lui-même ne vit-il sans doute jamais Lieserl… Albert rentre enfin au Bureau de la propriété industrielle en juin 1902 et découvre les joies d’un travail intéressant. De retour à Berne, il épouse Mileva, ayant obtenu, enfin, l’approbation de ses parents si longtemps refusée. Elle sombre rapidement dans la tristesse, souffrant de l’absence de sa fille. Elle ne peut se résigner à vivre avec ce secret, si lourd à porter pour une mère. L’arrivée d’un petit garçon, Hans Albert, le 14 mai 1904, égaye un peu la vie du couple. Albert, titularisé, son salaire devient décent pour un scientifique de talent. Il se donne alors à fond dans ses recherches et adresse ses articles sur différentes théories révolutionnaires et, notamment, sur la relativité, à des revues scientifiques.

Des hypothèses trop osées pour l’époque !
Albert espère être reconnu pour ses travaux mais le moment se fait attendre. Ses hypothèses, trop osées pour l’époque, anéantissaient des siècles de mécanique newtonienne. Il est alors nommé professeur à l’université de Zurich en 1909, puis à l’université de Prague. Entre temps, naît un second garçon, Eduard, le 28 avril 1910. Son séjour dans cette ville tchèque est de courte durée. Les habitants véhiculent la haine et l’hostilité entre ethnies et, malgré son travail plaisant et les amis qu’il s’y fait, il retrouve avec sa petite famille le havre suisse, acceptant un poste à L’École Polytechnique de Zurich où l’attendent ses anciens copains de promotion. Mais la mésentente du couple Einstein se fait durement sentir, surtout depuis qu’Albert a retrouvé, lors d’un voyage à Berlin, sa cousine Elsa. La vie avec Mileva n’est plus possible ; il évite toute intimité avec elle, préférant ses amis ou des étudiants, la traitant même avec dédain.

Le prix Nobel
Élu membre de l’Académie des sciences de Berlin, c’est le début des honneurs et la perspective de retrouver Elsa l’encourage à partir pour l’Allemagne. Son nom devient une autorité lorsqu’une expédition scientifique vérifie sa théorie sur la courbure des rayons lumineux, lors de l’éclipse de soleil de 1919. Cette même année, il divorce de Mileva et se remarie avec Elsa peu de temps après. L’Allemagne se remet péniblement de sa défaite et les mouvements revanchards se font entendre de manière belliqueuse contre les soldats occupants ; l’antisémitisme grandissant, il devient la cible privilégiée des opposants à la science “ juive ”. Einstein multiplie les conférences internationales et découvre, avec Elsa, les fastes des grandes réceptions et l’accueil amical qui lui est réservé dans de nombreux pays. De retour du japon en 1922, il reçoit le prix Nobel.

L’exil
Après une rencontre avec Freud, les deux hommes échangent des lettres où chacun reconnaît à l’autre un destin particulier mais Einstein redoute la psychanalyse et préfère de beaucoup vivre dans l’obscurité de celui qui n’a pas suivi d’analyse. Freud apprécie son sens de l’humour et dit : Einstein comprend aussi bien la psychologie que moi la physique. Cependant, l’opinion d’Einstein se modifie et il reconnaîtra, plus tard, la validité des interprétations de Freud et de la théorie du refoulement, lui en faisant part dans une lettre de 1936. La vie, devenue maintenant impossible et dangereuse en Allemagne, Einstein clame son opposition à Hitler et subit des représailles en retour des chemises noires et des groupes nazis. Il doit penser à s’exiler pour sa sécurité et s’embarque pour les Etats-Unis en 1933. Il s’installe à Princeton et travaille à l’Institute for Avanced Study jusqu’à la fin de sa vie.

Un destin plus universel que personnel
Le 18 avril 1955 s’éteint Albert Einstein d’une rupture d’anévrisme de l’aorte abdominale. Ses derniers jours d’avril, il les endure dans d’atroces souffrances, le visage méconnaissable, marqué par une hémorragie interne. Il refuse toute intervention chirurgicale. Ses volonté testamentaires sont exécutées et ses cendres discrètement dispersées dans le Delaware. Son cerveau est prélevé à l’insu de la famille par le pathologiste Thomas Harvey et conservé afin d’y découvrir les secrets de son intelligence…
Ce génie, qui a bouleversé les lois de la physique et capté le monde par ses théories, n’en reste pas moins un homme marqué par des chocs affectifs, jusque dans sa fonction de père. Sans doute était-il conscient de ce naufrage avec son entourage familial mais sa passion pour la physique l’a conduit vers un destin plus universel que personnel.

 

Jacques Roux

 

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