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Le fabuleux destin de… Sempé

Le fabuleux destin de… Sempé

Le dessin humoristique a acquis ses lettres de noblesse grâce à un artiste qui n’a, paradoxalement, fréquenté aucune école artistique : Jean-Jacques Sempé.

C’est à Bordeaux, le 17 août 1932, que naît Jean-Jacques Sempé. Bien qu’élu « le plus beau bébé » de la ville, le dessinateur confie à Marc Carpentier, dans l’ouvrage « Enfances » publié en 2011 aux Éditions Denoël, que ces bébés-là, à l’époque, étaient d’aspect adipeux et gras. Pas de quoi narcissiser une enfance qui, d’ailleurs, n’est pas particulièrement heureuse. Sempé raconte que sa mère lui donnait régulièrement des torgnoles et que son père adoptif – Jean-Jacques n’apprend cette réalité qu’à l’âge de 27 ans –, représentant de commerce, se réfugiait dans l’alcool. Pourtant, on ne retrouve, chez Sempé adulte, aucune animosité à l’encontre de cette famille : Mes parents ont fait ce qu’ils ont pu, les pauvres, vraiment. Je ne leur en veux pas une seconde, ils se sont débrouillé comme ils ont pu…

Le dessin, sa passion
Relativement livré à lui-même, Jean-Jacques Sempé échappe aux scènes quotidiennes de disputes de ses parents en investissant à la fois l’extérieur et l’imaginaire. Chahuteur à l’école et rêveur à la maison, il se passionne pour les émissions de radio et, notamment, pour la radio américaine et la musique de jazz. Il adore aussi fuir dans la lecture mais la famille Sempé n’a pas les moyens d’acheter de livres. Aussi se rabat-il sur tous les magazines de l’époque : « Nous Deux », auquel la voisine de sa mère est abonnée, mais aussi « Confidences » et tout ce qu’il peut trouver pour parfaire son orthographe et nourrir son besoin d’évasion. Désirant absolument sortir de son milieu, le jeune adolescent parvient à obtenir le brevet de fin d’études du collège pour gagner sa vie le plus vite possible. Il quitte l’école à 14 ans et décroche un emploi de livreur d’échantillons de vins, travail qu’il effectue à bicyclette. Il se présente à beaucoup d’autres postes mais n’est pas retenu. Il lui arrive toutefois de placer quelques dessins humoristiques dans la presse locale. Ainsi, en 1950, « Sud-Ouest Dimanche » en publie quelques-uns mais pas assez pour en vivre. Aussi décide-t-il de s’engager précocement dans l’armée, non par vocation – il lui arrivait de perdre son fusil ! –, mais tout au moins afin d’avoir son indépendance avec le gîte et le couvert… Affecté à Paris, il y obtient un diplôme d’infirmier, tout en se passionnant de plus en plus pour le dessin qu’il pratique depuis l’enfance, et en particulier le dessin humoristique. Paris, qu’il parcourt de long en large à bicyclette, et les Parisiens, qu’il trouve plus joyeux que les Bordelais, l’enchantent. Il a seulement 19 ans lorsqu’il réussit à caser certaines de ses planches dans le journal « Ici-Paris », puis dans « France Dimanche ».

Un destin en forme de sublimation
Jean-Jacques Sempé avoue qu’il ne sait rien faire d’autre que dessiner. Il se met alors à la tâche avec acharnement et détermination. À l’époque, ses maîtres sont Chaval et Bosc, deux dessinateurs au destin tragique, avec lesquels il fait du porte à porte dans les rédactions des journaux parisiens… En 1952, il rencontre le scénariste de bande dessinée René Goscinny. Celui-ci rentre des États-Unis et se lie d’amitié avec ce jeune dessinateur qui lui raconte son enfance. C’est alors le début d’un travail en commun qui donne naissance aux séries du « Petit Nicolas », personnage créé pour « Moustique », un magazine belge, et indissociable de l’œuvre de Sempé. Il est intéressant de noter que lorsqu’on lui a demandé de doter ce petit garçon sympathique d’un prénom, Jean-Jacques Sempé s’est inspiré d’une affiche publicitaire vantant les mérites des « Vins Nicolas », petit clin d’œil en forme de sublimation à son histoire familiale. En 1959, le succès est au rendez-vous, ce qui lui permet de commencer sa collaboration avec « Paris-Match ». L’année 1962 voit la publication de son premier album intitulé « Rien n’est simple », aux Éditions Denoël. Ses dessins intéressant de plus en plus les magazines, il travaille, de 1965 à 1975, pour l’« Express », y étant invité par Françoise Giroud elle-même. En 1969, il est missionné durant quinze jours par le journal en tant qu’« envoyé spécial » Outre-Atlantique. Dix ans plus tard, en 1979, sa renommée dépasse largement les frontières puisque Sempé réalise sa première couverture pour le magazine mythique américain le « New-Yorker » chez qui travaille le grand dessinateur Saul Steinberg. Il en fera plus d’une centaine par la suite, devenant ainsi un artiste incontournable aux États-Unis. Quant à la France, « Le Figaro », « Le Nouvel Observateur » et « Télérama » veulent aussi avoir des dessins de Sempé dans leurs colonnes. Artiste consacré, Sempé rencontre le gratin artistique : Jacques Prévert, Jacques Tati, Simone Signoret, Brigitte Bardot…

Talent, exigence et détermination !
Jean-Jacques Sempé confesse que ses dessins sont « truffés » d’erreurs. Ainsi, des musiciens lui font remarquer l’imprécision des détails instrumentaux. Mais pour le dessinateur, il s’agit moins de reproduire la réalité que de s’approcher de la vérité grâce à une ambiance. Pour cela, il faut un travail acharné. Sempé croit plus à cette détermination qu’au talent. Lors d’une interview, il déclare : Un jour, j’ai acheté une rame de papier et je me suis mis à chercher le bon dessin. Et toute la rame y est passée, sans que je sois satisfait… Il m’est déjà arrivé de rester deux mois sur un dessin, de le recommencer encore et encore… Ses sujets de prédilection ? Les chats, les musiciens – Sempé est un mélomane averti qui adore, entre autres, Duke Ellington, Maurice Ravel, Erik Satie, Claude Debussy… –, les vélos, mais surtout des scènes de la vie parisienne dans lesquelles il s’évertue à extraire de son imagination l’indicible qui va apporter du bonheur au spectateur. D’autant que Jean-Jacques Sempé ne se limite pas au dessin. Il sait également magnifiquement trouver la légende humoristique en adéquation exacte avec l’image.

Un humaniste avant tout
Ce qui fait l’originalité d’un dessin de Sempé réside dans le fait qu’il touche le cœur par son talent et que son humour est dépourvu de toute méchanceté… Son crayon d’humoriste sert ce qu’il appelle le « parti du sourire ». Fondamentalement humanisant, il décrit l’ambivalence du monde et de ses habitants mais sans aucun jugement. Il réussit le pari de transmettre l’essentiel dans un seul dessin, au prix d’une concentration quasi ascétique. L’Homme, selon lui, est un animal inconsolable et gai. À ce titre, il reste passionnant et digne d’intérêt. Sempé aime ses congénères, sans vouloir séduire qui que ce soit. Bien que mondialement célèbre, il est un solitaire et un humaniste avant tout. Il préfère largement rencontrer son public lors de signatures que de s’exhiber dans des mondanités. Il ne parle que rarement de ses œuvres et préfère laisser le chaland libre de se les approprier ou pas. Marié deux fois, père de deux enfants, un fils musicien et une fille designer, il ne s’exprime jamais sur sa vie privée. Tendre et pudique, il avoue pourtant, au détour d’une confidence retenue, qu’il n’a pas été un père idéal… À un journaliste de France Inter qui s’étonne du nombre de dessins ayant pour thème la psychanalyse, il répond que cette démarche, qui fait partie du paysage sociétal, lui paraît touchante et il ajoute, non sans humour : Je n’ai pas suivi de psychanalyse mais j’aurais peut-être dû… Dans sa 80ème année, Jean-Jacques Sempé, étonnant de vitalité, travaille encore autant, doute toujours, même si son art est d’ores et déjà reconnu par tous, témoin son exposition « Un peu de Paris et d’ailleurs », accueillie en 2012 à l’Hôtel de Ville de Paris et qui a dû être prolongée d’un mois et demi pour satisfaire tous ses admirateurs…

 

Jean Manzano

 

 

Petit tour d’horizon de la carrière de Sempé

- Plusieurs milliers de dessins de presse.
- Plus de 40 albums.
- Grand Prix de littérature de la ville de Bordeaux (1987).
- Prix Alphonse Allais (2003).
- Commandeur dans l’Ordre des Arts et Lettres (2006).

 

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