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L'article de la semaine

Romain Gary face à son destin…

Psychobiographie de l'écrivain Romain Gary face à son destin…


Né à Vilna (Empire russe) le 8 mai 1914, Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacev, a été l’ami des plus grands, dont Charles de Gaulle et Joseph Kessel entre autres. Tour à tour écrivain, cinéaste et diplomate, son destin peu commun a véritablement marqué le XXème siècle.

Celui qui a écrit dans « Clair de femme », Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on donne, plus il vous reste est très tôt confronté à l’Histoire. Son parcours existentiel est des plus chaotiques. Au-delà des épreuves que sont l’exil et la guerre, son imagination débordante et sa soif de liberté lui permettent toutefois de vivre plusieurs vies en une, parcourant le monde tel un juif errant. Il combat la pensée unique, au risque d’être traité de provocateur toujours en quête d’un absolu inatteignable.

Une quête identitaire
Tout au long de son existence, Romain Gary a livré des versions différentes de ses origines. En réalité, il est né dans une famille juive ashkénaze. Sa mère se prénomme Mina. Son père, Arieh-Leib Kacew, sera doublement absent puisqu’il est dans un premier temps mobilisé dans l’armée russe et lorsqu’il revient, ce n’est que momentanément puisqu’il décide de quitter sa femme et son fils pour vivre avec une autre compagne, Frida, en 1925. Romain a 13 ans et en souffre dans la mesure où il ira jusqu’à renier, adulte, son géniteur, se présentant selon Guy Amsellem, auteur de « Romain Gary. Les métamorphoses de l’identité », comme un bâtard juif russe, mâtiné de Tartare…

L’exil
Romain forme désormais couple avec sa mère qui se résout à l’exil, choisissant la France comme possible terre d’accueil à la suite des brimades racistes qu’elle subit de la part de la Pologne des années 20. En août 1928, ils traversent l’Europe et échouent à Nice. Mina occupe d’abord plusieurs petits emplois, puis devient gérante d’une pension au début des années 30. Le propriétaire est un lituanien ayant fui la Révolution pour placer sa fortune dans la région. En 1933, Romain obtient son bac et sa naturalisation française 2 ans plus tard. Il poursuit des études de droit à Aix-en-Provence et réussit sa licence à Paris en 1938. Entre temps, passionné de littérature, il se livre à l’écriture et parvient à faire publier des nouvelles, « L’orage » et « Une petite femme », en 1935. Quant à son manuscrit « Le vin des morts », il est refusé par l’éditeur. Romain Kacew a 21 ans.

Le héros et le diplomate
À défaut de père, Romain se cherche des héros. Ils s’incarnent en la personnalité des aventuriers que sont Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry, Joseph Kessel. Il intègre avec enthousiasme l’École de l’air de Bordeaux-Mérignac. En février 1940, une permission lui est accordée pour se rendre au chevet de sa mère atteinte d’un cancer. Il ne la reverra plus. Plus rien ne le retenant désormais, Romain s’évade le 20 juin 1940 pour rejoindre les Forces aériennes françaises libres. Il combat au Moyen-Orient, en Lybie, en Abyssinie et en Syrie. À la Libération, un poste de diplomate lui est proposé. Il occupe cette fonction dans différents pays : la Bulgarie, les États-Unis, l’Angleterre.

Les femmes et l’écrivain
La seule chose qui m’intéresse, c’est la femme, je ne dis pas les femmes, attention, je dis la femme, la féminité. Ainsi s’exprimait en 1980 à la radio celui qui a multiplié dans sa vie les conquêtes féminines, sans doute pour satisfaire un idéal inaccessible. L’une d’entre elles l’a marqué profondément. Il s’agit d’Ilona Gesmay. Elle a 4 ans de plus que lui et devient sa muse, inspirant plusieurs romans dont « La Promesse de l’aube », « La nuit sera calme » et « Europa ». Malheureusement, cette jeune hongroise désargentée décide de retourner dans son pays en mars 1940 sous la pression de sa famille et sombre dans la schizophrénie. Romain essaie de se consoler avec des relations sans lendemain et choisit quand même de se marier avec une femme de lettre, Lesley Blanch, 5 ans après, en avril 1945. Le mariage dure 14 ans. En 1963, il épouse en secondes noces l’actrice Jean Seberg qui lui avait donné un fils, Alexandro Diego, l’année précédente. L’acte de naissance est un faux puisqu’à l’aide de ses relations, il le fait dater de 1963. Il se passionne pour le combat de sa femme en faveur des Noirs. Tout en menant sa carrière, Romain Gary écrit. Dans son roman « Chien Blanc », il met en scène son propre chien Batka qui devient le héros de l’histoire. Avec « Les racines du ciel », il signe la fin du colonialisme. Chaque ouvrage est l’occasion pour l’écrivain d’ausculter ses contemporains, au-delà des modes et des partis pris. Il croit démesurément en l’avenir, témoin « La vie devant soi » qu’il conclut par l’injonction Il faut aimer… Ce roman, rédigé sous le pseudonyme d’Émile Ajar, fait d’ailleurs de lui le seul écrivain à avoir reçu deux fois le Prix Goncourt, le premier l’ayant récompensé en 1956 avec « Les racines du ciel » ! Romain Gary se sépare de sa deuxième femme en 1968, à la suite de la trahison de celle-ci avec l’acteur Clint Eastwood. Jean Seberg mène une vie tumultueuse et finit par se suicider aux barbituriques en 1979. Un an plus tard, Romain Gary rencontre sa dernière compagne, la danseuse mannequin et animatrice de radio Leïla Chellabi.

Une œuvre achevée
Après une existence pétrie d’audaces et d’espoir, le 29 novembre 1980 Romain Gary écrit à son ami Raymond Aron. Il refuse de succéder à Joseph Kessel à l’Académie Française. L’épisode Émile Ajar étant devenu une véritable affaire d’État, il se dit indigne d’être immortel. Sa quête d’identité s’exprime par ces termes : La vérité ? Quelle vérité ? La vérité est peut-être que je n’existe pas. Ce qui existe, ce qui commencera à exister peut-être un jour, si j’ai beaucoup de chance, ce sont mes livres, quelques romans, une œuvre, si j’ose employer ce mot. Tout le reste, c’est de la littérature ! L’écrivain décide de mettre fin à ses jours le 2 décembre 1980. Son fils Diego dira simplement : Mon père n’avait plus rien à dire, ni à faire, son œuvre était achevée...

 

Robert Escola

 

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