Rencontre avec Khalil Gibran

Rencontre avec Khalil Gibran

 

Né au nord du Liban en 1883, le futur auteur du « Prophète », l’un des plus célèbres best-seller de sagesse du XXème siècle, a pour mère Kamila, fille d’un prêtre chrétien. Son père est collecteur d’impôts de l’État Ottoman. Il n’a que douze ans lorsque, à la suite de l’arrestation et de l’emprisonnement de son mari, la mère de Khalil émigre avec ses quatre enfants aux États-Unis. Elle y ouvre un petit commerce de dentelles et de lin. Bien que libéré, le père de famille ne suivra pas…

Malgré le mystère qui entoure la véritable responsabilité de son géniteur, selon Robin Waterfied, auteur de « Khalil Gibran, un prophète et son temps », Gibran admet que son père a eu maille à partir avec la justice, mais il affirme son innocence et met en cause la corruption du système judiciaire. Son père a été ruiné, dit-il, parce qu’il a refusé de payer pour se blanchir de fausses accusations lancées contre lui… Pas étonnant que son œuvre maîtresse soit devenue particulièrement populaire dans les années 1960 au moment du courant de la « contre-culture »…

Les prémices d’une œuvre révolutionnaire
Poussée par sa mère, femme douce à l’esprit ouvert, Khalil s’épanouit intellectuellement. Ses professeurs s’étonnent de la précocité de leur élève. Khalil ne quitte cependant pas définitivement son pays de naissance puisqu’il revient à Beyrouth passer son baccalauréat. Il y étudie le droit international et se passionne pour l’histoire des religions dans une institution célèbre au Liban : « L’École de la Sagesse ». Le jeune homme se découvre une passion pour la poésie et l’écriture. Il connaît aussi une déception amoureuse à la suite de laquelle il voyage en Grèce, en Italie, en Espagne. Il se rend ensuite à Paris pour étudier la peinture et écrire son premier livre : « Les esprits rebelles ». Il y est question d’une critique acerbe de la société libanaise, du statut des femmes et des mariages arrangés. L’ouvrage est brûlé publiquement par les autorités turques et mis à l’index par l’église maronite.

Une destinée artistique
Khalil Gibran retourne à Boston en 1902. Il est cruellement frappé la même année par trois deuils successifs : sa mère, une de ses sœurs et son frère. C’est dans un état de détachement quasi mystique qu’il décide de traduire en anglais un texte qu’il avait commencé à écrire en arabe des années auparavant. Il faudra pourtant attendre encore 20 ans pour que la version définitive soit publiée. Pour l’heure, c’est une véritable traversée du désert et un désarroi comparable à ce que les mystiques nomment « La nuit de la foi ». Alors qu’il découvre la pauvreté de l’âme et celle du corps, en 1904, un rayon de soleil apparaît : lors de sa première exposition de peinture, il rencontre sa destinée en la personne de la directrice Mary Haskell. Une complicité s’instaure avec cette femme plus âgée que lui. Elle décide de l’aider financièrement, lui permettant de se vouer entièrement à l’art. Khalil peut alors repartir pour Paris en 1908 où il travaille à l’Académie Julien. Son professeur n’est autre qu’Auguste Rodin avec qui il se lie d’une profonde amitié. Celui-ci aurait affirmé : Le monde entier attend beaucoup de ce jeune Libanais… Durant cette période, Gibran côtoie Debussy et Edmond Rostand.

Le « Prophète » et les femmes
En 1910, Gibran se fixe définitivement à New York dans un petit appartement qu’il baptise « L’Ermitage ». Il organise plusieurs expositions dans diverses galeries. Sa production littéraire est de plus en plus célèbre. Il publie de courts essais, des romans, des poèmes, des récits. Tous traitent de thèmes existentiels avec un subtil sens de la métaphore. Ainsi, dans « Le Prophète », l’auteur s’adresse aux parents en écrivant : Vous êtes l’arc d’où vos enfants sont lancés comme des flèches vivantes… Khalil Gibran devient le président d’un « cercle de plume » baptisé « Arrabitha », rassemblant l’élite du monde arabe exilé aux USA. En 1923 est enfin publiée l’œuvre maîtresse, « Le Prophète », dont la première mouture, en arabe, date de 1898. Le succès est immédiat. Dès lors, Khalil Gibran est considéré comme un authentique Sage. Une sagesse qu’il dédie aux femmes. De sa mère à Mary Haskell (sa sœur de cœur) en passant par l’écrivaine libanaise May Ziadah (l’amie qu’il ne rencontra jamais), l’amour se décline au-delà de la relation charnelle. Je dois aux femmes tout ce que j’appelle « Moi », écrit-il à son égérie May Ziadah, depuis que je suis bébé. Les femmes ont ouvert les fenêtres de mes yeux et les portes de mon esprit. S’il n’y avait pas eu la femme-mère, la femme-sœur, la femme-amie, j’aurais dormi parmi ceux qui cherchent la tranquillité du monde en ronflant…

Le bonheur en soi
Le plus grand enseignement qu’ait laissé Khalil Gibran, rejoignant en ce sens la transmission de toute spiritualité vivante, consiste à arrêter de chercher le bonheur à l’extérieur de soi, et surtout dans une institution, qu’elle soit religieuse ou politique. Pour Gibran, il existe en chacun une étincelle divine à laquelle il s’agit de se reconnecter. Il est en moi, écrit-il encore, un ami qui me console chaque fois que les maux m’accablent et que les malheurs m’affligent. Celui qui n’éprouve pas d’amitié envers lui-même est un ennemi public et celui qui ne trouve pas de confident en lui-même mourra de désespoir…
La mort ? Il l’avait déjà apprivoisée en interrogeant : Car qu’est-ce que mourir, sinon se tenir nu dans le vent et se fondre au soleil ? Et qu’est-ce que cesser de respirer, sinon libérer le souffle de ses marées inquiètes pour qu’il puisse s’élever et se dilater, et rechercher Dieu sans entraves ? Après avoir transmis une Philosophia Perennis, toujours vivante, Khalil Gibran – atteint d’un cancer du foie − s’éteint à l’hôpital Saint-Vincent de New York le 10 avril 1931 à l’âge de 48 ans. Ses cendres reposent, selon sa volonté, dans le vieux monastère du désert de Mar Sarkis…

 

Jean Rollin

 

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