La psycho
      dans Signes & sens

      Ce vaste
      psychodrame gouvernemental
      où chacun joue son rôle

      Ce vaste psychodrame gouvernemental où chacun joue son rôle
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      Les rebondissements divers qui émaillent à intervalles la vie politique, comparables en tous points à des coups de théâtre, la ponctuent et la relancent comme peut l’être une pièce d’un acte à l’autre. Ils participent de la configuration dans laquelle le gouvernement assume le pouvoir exécutif dont il « représente » l’image…

      Aussi les moindres signes de désaccords ou divergences formulés par l'un de ses ministres prennent-ils une ampleur spectaculaire. Ils sont investis de sens et interprétés de diverses façons par l'autre, qu'il soit observateur, acteur de la vie politique ou simple électeur. Du moins est-ce ce qui est craint car y est supposé le risque de perdre la confiance acquise ou d'y perdre une intégrité imaginaire à défendre.

      Le collectif prime


      La solidarité gouvernementale requise pour chacun de ses membres est conçue comme incompatible avec des prises de positions personnelles. Le gouvernement se doit de faire corps, cohésion indispensable à sa crédibilité en un paraître osmotique cadré dans le protocole voulu immuable et solennel. Il est fixé, on s'y étaye. Les uniformes des-corps tels la garde républicaine ou les huissiers en sont, parmi d'autres, des signes appréciés, reconnus et attendus dans l'ordonnancement du rituel officiel. Les lieux y importent qui, souvent, sont fastueux ou imposants comme le Palais de l'Elysée, l'Hôtel Matignon ou encore le Palais Bourbon. Ils font office de toile de fond, de décor planté, pour tout dire de scène où tout se joue sous l'égide du Premier Ministre et du Président de la République en vertu de leurs attributions respectives. Théâtres, acteurs, metteur(s) en scène, et même costumes y sont. Mais, qu'y donne-t-on ? Ne parle-t-on pas de comédie du pouvoir ? Le groupe souvent constitué pour partie de façon hétérogène sur la base d'accords (ce qui ne va pas sans compliquer la tâche comme l'attache aussi), ne doit présenter qu'un seul dire. C'est du respect de cette condition première que dépend la participation poursuivie ou interrompue au gouvernement-groupe identitaire. Prérogatives individuelles, place des uns par rapport aux autres, s'intègrent dans le collectif qui prime. Il est nécessité que de s'y adapter pour être membre reconnu de ses pairs et de la société. Leurre ou pas ? Il dépend. Ainsi sont déterminées des relations d'objet orales au mimétisme parlant, comme aussi anales, la pyramide des responsabilités et fonctions s'accompagnant d'une cascade de couples dominant-dominé. Les membres du gouvernement adoptent un persona-jeu, pare-être selon un mécanisme identificatoire.

      Le cheval de Troie fantasmatique


      Par ambition déclarée, d'agir, de poser des actes, ils consentent à un dirigisme hiérarchisé qui ne va pas sans hystérisation. Jouer le jeu est condition de la fonction à exercer. L'assimilation consentie au groupe – a minima ou a maxima – comme d'ailleurs par le groupe, implique un cadre de bonne conduite : faire taire les divergences à tout le moins sur la place publique. La critique n'est envisagée, fantasmée, que destructive. Elle ne peut qu'amener à prêter le flanc, péril majeur à éviter car toute faille entache l'image idéale à afficher et fait ainsi le jeu de l'adversaire. Dans une telle logique, toute divergence portée à la connaissance du public n'est que division et profite à l'autre dangereux qui en usera comme d'une arme (par où est entretenu un fantasme de persécution paranoïaque). Ce ne peut qu'être un désaveu, un discrédit intolérable dont l'auteur est taxé de trahison. Il est un cheval de Troie fantasmatique qu'il faut éliminer pour s'en défendre.

      Le landernau politique fait comme si…


      Freud parlera de moi-plaisir-purifié. La différence, loin d'être complémentaire alors est phobogène. Celui qui, dans une telle perspective, s'expose en disant autrement (laissons de côté ce qui l'y motive – convictions ou visées personnelles), court à sa perte. Il ne peut qu'être rejeté, exclu, à plus ou moins long terme. Il paiera de disgrâce ses prises de positions tant dans son rapport au pouvoir que dans ses relations ; son entourage, par angoisse de contamination, l'oubliera car, crime lèse-gouvernement , il aura dérogé à l'orthodoxie sécuri-taire. Le consensus adopté aux rivalités internes, ainsi qu'aux différences d'approches non officiellement dites mais qui alimentent la rumeur, joue aussi le rôle d'une caution en un étayage où le chef du gouvernement réaffirme, à l'occasion, son soutien à tel des ministres que l'actualité aura pu mettre sur le devant de la scène. A moins qu'il ne soit désavoué... ambivalence toute anale. La stabilité, non plus que la sécurité, n'ont cours ici. Ce donné à voir et à entendre est pour partie factice. Il n'empêche, le landernau politique fait comme si au risque d'être accusé de langue de bois – écran – qui détourne l'attention de l'essentiel sur l'accessoire et dont on a bien garde d'être dupe, opacité source de malentendus à l'opposé de la transparence, credo de référence.

      Un théâtre d’ombre


      D'ailleurs, de nombreux observateurs politiques commentent à l'envi, les dissèquent même, ces déclarations où sous-entendus, non-dits, ou euphémismes sont à l'évidence des dires masqués à des fins d'utilisation. Encore faut-il en détenir les codes d'accès. Ils laissent entrevoir des coulisses où les rapports de forces et enjeux diffèrent du montre présenté au vu et au su de tous. Qu'y a-t-il derrière le lourd rideau de velours rouge ? Où est le pouvoir réel ? Utilisations, contrôles, maîtrises, effets boomerang constituent un théâtre d'ombres, siège d'une stratégie anale feutrée mais agressive qui ne cesse jamais et se répète compulsivement faisant feu de tout bois. Nombre d'occasions, cérémonies officielles ou moments clés de l'année, comme les rituelles photos du gouvernement au grand complet sur le perron de l'Elysée, permettent d'assurer de l'unité supposée fonder son efficacité. Les traditionnelles entrées rayonnantes de dynamiques ministres tout sourire avant le conseil du mercredi se veulent afficher un optimisme de bon aloi. De cette sérénité de commande, les Français sont censés préjuger que tout va très bien Madame la marquise. Lorsqu'un épineux dossier retient l'attention, le ton convaincu, préoccupé, voire docte de celui qui en a la charge, témoigne du sérieux de l'action entreprise en un dire codifié.

      Un scénario connu de tous…


      Toutes autres communications médiatiques sont-elles aussi théâtralisées (n'existe-t-il pas des experts conseils en communication ?) et visent à passionner ou à dépassionner le débat comme à rassurer, à convaincre les citoyens. Lorsqu'elle est excessive cette hystérie de séduction a pour effet pervers de distiller doute et suspicion quant au discours entendu dont la portée est ainsi détruite. Par la pratique des sondages si bien implantée maintenant, les politiques voient leur cote d'amour fluctuer à la hausse ou à la baisse presqu'en temps réel, tout comme un artiste est classé au box-office. Cependant, certains états de grâce après un scrutin ne furent qu'éphémères. Il faut plaire, pour contrôler l'autre objet à posséder en mécanisme de défense à une angoisse de perte. Le pouvoir se met en scène usant d'une dramaturgie où decorum, faste, conventions et même pompe servent sa grandeur, son assise. Le gouvernement a pour rôle-titre d'être stable, sûr, confiant, sans faille. Or l'opposition met tout en œuvre pour le fissurer. En retour, le corps gouverne-mental auquel se sont incorps-porés ses membres, projette sur l'opposition, rivale attitrée, des intentions ou actes, qui visent à saper son action, son pouvoir et à atteindre par déplacement les ministres qui l'incarnent. Les passes d'armes ou petites phrases sont fréquentes où le gouvernant attaque et se défend en un jeu relationnel sadique oral, comme sadique anal, avec l'opposition dont on peut parfois se demander s'il ne s'auto-alimente pas lui-même pour le plaisir des politiques et au détriment des réalités perdues de vue. Bien sûr un nécessaire dialogue entre opposition et majorité fait partie intégrante de la vie parlementaire. Il n'en reste pas moins que certaines séances plus que houleuses à l'Assemblée Nationale confinent à une caricature grand-guignolesque. Elles sont un véritable spectacle théâtral ou l'ennemi c'est l'autre sur lequel on projette son rejet avec véhémence, en outrant le trait. Distribution de rôles établie, et, in fine, sécurisante tant pour les acteurs que pour les spectateurs d'ailleurs. Elle permet de se reconnaître entre partisans et adversaires en de multiples et vaines tentatives de contrôle. Le scénario est connu de tous ; s'y retrouvent des rapports de forces, des tensions classiques ; s'y répètent compulsivement des convictions prévisibles, jusqu'aux répliques qui ne varient guère. On s'y repère sans coup férir. N'y a-t-il pas là une source de lassitude du citoyen préjudiciable à l'intérêt pour la chose publique ? Pour autant, ce psychodrame politique, à allures de feuilleton à épisodes, sans réelle surprise, fait la joie de certains, est attendu et même plébiscité par l'opinion qui y projette des affects et prend fait et cause pour ces joutes, ces combats. Cette mise en scène du politique relève à tout prendre d'une culture de société et fait partie des rouages de la machinerie du pouvoir tel qu'il est fantasmé devoir être représenté et représentable. Le psychodrame analytique se situe pour lui dans un domaine autre. Il est une mise en situation transférentielle dont le sens s'inscrit dans le désir du sujet. Spectateurs et acteurs œuvrent à cette dialectique où l'autre est libre. Les limites posées le sont en rapport à soi. Nul n'y est surmoïquement tenu à un paraître. La psychanalyse ouverte à l'altérité ramène à soi. La politique s'occupe de l'autre.

       

      Brigitte Favard

       

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