La psycho
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      Comprendre l'échec

      Comprendre l'échec
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      Si l'échec nous mate du coin de l'œil, ce n'est pas pour nous mater mais pour nous permettre, en quelque sorte, de le mater à notre tour afin que, sous notre regard, il ne soit plus si mat et qu'apparaissent son éclat, sa transparence, sa résonance et sa luminosité.

      Outre tous les aspects désagréables de l'échec, il ne faut omettre que c'est aussi, entre autres, grâce et à partir de lui que nous pouvons évoluer, nous transformer, nous réparer. L'échec est la première étape (certes désagréable) d'une belle aventure qui peut nous rapprocher un peu plus de qui nous sommes. La marge de manœuvre que nous avons est d'accepter - ou pas - de le regarder, de sentir ce qu'il nous fait, ce qu'il réveille, en quoi il nous est familier et en quoi il fait sens pour nous. L'échec est une porte qui s'ouvre sur un passage qui peut permettre, si nous acceptons de le traverser, de laisser mourir des fonctionnements qui ne sont plus adaptés, de faire des deuils, de renoncer à l'illusion et de prendre le pouvoir sur la réalité. Traverser ce passage, c'est déjà accepter de laisser la porte ouverte, de regarder ce qu'il y a derrière, d'oser s'y aventurer sans savoir où nous allons et d'aller jusqu'au bout. Il arrive souvent que nous refermions cette porte immédiatement en fermant les yeux, mais aussi que nous regardions derrière sans en franchir le seuil, ou que nous le franchissions et que la peur de l'inconnu nous fasse rebrousser chemin en cours de route. Ce n'est pas grave, la porte s'ouvrira autant de fois que ce sera nécessaire, afin que s'offre à nous perpétuellement le choix de nous transformer et la possibilité d'achever les transformations engagées. Quand nous décidons de traverser ce passage, c'est à la rencontre d'une partie de soi que nous allons, une partie obscure que nous pourrons regarder avec bienveillance et à laquelle nous allons pouvoir donner une vraie place. Il arrive que l'ouverture de la porte soit violente, que nous la prenions « dans la gueule » et que cela fasse très mal, qu'elle provoque un courant d'air et que nous tombions malades, ou que nous restions figés, terrorisés à l'idée de qui pourrait entrer, incapables de réagir dans l'espoir et l'attente qu'elle se referme très vite. Il arrive aussi parfois qu'elle soit légèrement entrouverte et que nous n'y portions aucune attention parce que « l'appel d'air » n'est pas très important. Quand elle nous présente à « Monsieur l'Echec », la vie n'est pas perverse, elle est bienveillante car c'est une opportunité qu'elle offre afin de nous libérer de nos souffrances du passé et de ne pas rester prisonnier de nos croyances limitantes. Il ne s'agit pas de penser que nous pourrions réparer le passé mais que l'issue d'un échec permet de se réparer en transformant la représentation de notre passé et donc de la réalité. Il ne s'agit pas non plus de dire qu'il faut en « baver » pour accéder au bien- être, parce que nous en avons déjà beaucoup « bavé ». Ce n'est d'ailleurs pas tant la douleur provoquée par l'échec qui est insupportable, c'est ce qu'il réveille, c'est la douleur du passé refoulée et non réglée qui remonte à la surface.

      Une juste représentation


      L'échec est un coup de projecteur sur des situations inachevées avec lesquelles nous sommes rarement en contact consciemment. Pour pouvoir bénéficier de ce que peut apporter un échec, il faut le regarder et le ressentir. Il est donc indispensable de ne pas le nier et cela va dépendre de la représentation que nous en avons : si nous considérons qu'il n'est que le reflet de nos incapacités et de nos incompétences, alors nous aurons du mal à lui faire une place dans notre vie car c'est, à chaque fois, une altération profonde de l'image que nous avons de nous-mêmes, si, en revanche, nous considérons qu'il marque nos limites, alors nous les repérerons, les prendrons en compte et, de ce fait, les ferons évoluer. Si nous considérons aussi que l'échec nous pointe un conflit intérieur ou avec notre environnement, si nous prenons conscience qu'il est un des rares supports de la transformation, et d'une certaine façon qu'il peut aussi nous protéger, alors nous l'accueillerons plus facilement et nous ferons une place à cet allié.
      Il arrive parfois que l'acceptation de l'échec d'une histoire conjugale soit incontournable pour accéder à l'accomplissement de soi. Dans ce cas, alors que c'est la preuve d'une maturation considérable, cet échec est rarement félicité. En revanche, nous nous réjouissons constamment pour ces jeunes mariés qui, pour certains d'entre eux, passent le contrat inconscient de rester sur le chemin de l'illusion, de fusionner et de dépendre de l'autre, pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que « la mort les séparent ».

      Une protection


      J'ai souvent rencontré des adolescents ou des jeunes adultes, tellement affectés par leur échec scolaire, qu'ils ne peuvent plus regarder qui ils sont car ils pensent que leur échec n'est que le reflet d'eux-mêmes. Personne ne leur dit que la quasi totalité des jeunes ont les capacités d'avoir le baccalauréat mais que, si certains n'y parviennent pas, ce n'est que par protection ou par réaction face à un environnement proche ou moins proche qui leur paraît hostile. Personne ne leur dit que leur échec est le signe qu'ils ont probablement dû grandir trop vite et que cet échec peut être là pour compenser une maturation trop rapide dont les conséquences pourraient être dangereuses. L'échec est souvent le prix à payer pour leur « survie psychique », car, épuisés à monopoliser leur énergie, afin de faire face à leurs conflits intérieurs, ils ne peuvent plus se concentrer sur leur devenir. Il y a quelque temps une adolescente m'affirmait que si elle n'obtenait pas de bons résultats scolaires, c'était parce qu'elle n'était pas suffisamment exigeante avec elle-même. J'avais la conviction qu'au contraire elle l'était trop et que, mettant la barre trop haut, au simple regard de cet objectif inaccessible, elle était déjà fatiguée, et donc dans l'incapacité de se mettre à la tâche. Son échec ne lui disait pas qu'elle était paresseuse, mais qu'elle exigeait trop d'elle-même ! C'est bien, dans ce cas, la façon de lire l'échec et non l'échec lui-même qui va en déterminer l'issue.
      Prendre le risque d'échouer, c'est se donner la possibilité de réussir, de s'accomplir, d'« être ». Refuser ce risque, c'est oublier de vivre, car trop occupé à une quête effrénée et angoissante de l’ " avoir ". Dans ce cas d'ailleurs, l'illusion de pouvoir se protéger de l’échec fragilise car, quand il se présente, n'y étant pas préparés, nous le vivons de façon brutale et violente. Refuser l'idée de l'échec, c'est refuser la mort, c'est refuser la vie, c'est rester dans une recherche obsessionnelle de la perfection. Notre société pousse malheureusement continuellement dans ce sens et nous le payons très cher. Accepter l'idée de l'échec, c'est accepter d'être faillible, humain, mortel et donc vivant ! C'est aussi renoncer à l'idée d'être « satisfaisant » pour papa et pour maman ; c'est prendre le risque de perdre leur amour et donc de s'individuer. Finalement, l'échec, c'est se retrouver là où nous ne nous attendions pas à aller, là où on ne nous attendait pas, là où « nous n'avions pas décidé d'être ». Se mettre en échec, c'est aussi parfois sauver sa peau, survivre face à des situations sur le moment ingérables ou face à des conflits de loyauté concernant des personnes que nous ne pouvons pas encore remettre en question. Se mettre en échec, c'est aussi apaiser la crainte de l'échec car, une fois qu'il est là, nous n'avons plus peur qu'il arrive. Le sentiment de peur est souvent plus terrible que ce dont nous avons peur et échouer est un des moyens de calmer cette angoisse insupportable. Ainsi, qu'il émane de l'intérieur de notre être ou de notre environnement, ou de la rencontre des deux, l'échec a, soit un rôle de protection face à un danger apparemment plus grand, soit un rôle de guide pour régler des situations inachevées et douloureuses du passé afin de favoriser notre accomplissement. Carl Gustav Jung a dit : « Ce que nous évitons de connaître de nous-mêmes, nous le rencontrerons plus tard sous la forme du destin ». Il arrive parfois que ce destin porte le masque de l'échec jusqu'à éveiller et attiser notre attention, comme un salvateur rappel à l'ordre...

       

      Jeanne Reboul

       

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