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      Jamais sans mon doudou !

      Jamais sans mon doudou !
      ©iStock

      Aujourd’hui reconnu, le doudou va aider le nourrisson à supporter l’angoisse liée à l’absence de sa mère. Objet transitionnel facilitant le dépassement de la dépendance totale, le doudou est une première voie vers l’autonomie.

      Quel parent n’a jamais été confronté aux pleurs de son petit enfant ayant perdu son doudou si précieux, surtout au moment de s’endormir ? Il était autrefois toléré par les mamans compréhensives et expérimentées qui savaient que, même sale, déchiré, cet objet singulier était indispensable à l’enfant pour le rassurer et l’aider à supporter son absence. Le doudou a maintenant acquis sa légitimité, devenant même l’accessoire incontournable des tout-petits. En témoignent les rayons « doudous » des grands magasins qui regorgent d’objets de toutes formes, de toutes tailles, de toutes couleurs, avec de préférence des textures douces et agréables au toucher.

      Rassembler deux mondes


      Substitut maternel, il présente un effet apaisant, notamment – mais pas seulement – au moment du coucher. En psychanalyse, il est appelé objet transitionnel, concept introduit par Donald W. Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique, pour désigner un objet matériel qui a une valeur élective pour le nourrisson et le jeune enfant. Chez le petit enfant, l’objet transitionnel apparaît entre 4 mois et un an : c’est le premier objet qu’il possède. Ce lien avec l’objet s’établit au moment où la mère, prise par ses occupations, s’éloigne de son enfant et ne répond plus de manière systématique à toutes ses demandes. Cet objet va l’aider à établir une continuité qui l’insécurise. Il est généralement fait d’une texture douce (d’où le dénominatif doudou), déjà utilisée, le plus souvent une couverture ou un bout de celle-ci, ou d’un morceau de tissu (chiffon, mouchoir, serviette) ou encore d’un animal en peluche. Selon Winnicott, cet objet va permettre à l’enfant de rassembler deux mondes : la réalité intérieure et la réalité extérieure. Cette réalité intérieure appartient au bébé ; elle est constituée de ce qu’il perçoit du monde extérieur, modifié, déformé par ses propres fantasmes : il appréhende le monde et les êtres qui l’entourent à sa façon. Ce doudou va l’aider à fabriquer cet espace intermédiaire entre lui et sa mère, ce qui atténuera l’opposition entre dedans et dehors. Winnicott étend le phénomène transitionnel à toute activité buccale, comme les sons émis par l’enfant, les gazouillis, le pouce... Cela constitue l’espace transitionnel dans lequel cet objet particulier tient une place essentielle.

      L’espace transitionnel


      Le nourrisson, pendant la vie intra-utérine, vit un état de plaisir unique. À la naissance, il doit faire face à la réalité de manière brutale. Il perd son contenant/contenu, ce qui entraîne chez lui une forte angoisse, dite de dissociation. On comprend mieux pourquoi lorsqu’il prend le sein (ou son substitut), il retrouve cet état de fusion avec lequel il ne fait qu’un. Il a l’illusion que le sein est une partie de lui-même. Lorsque sa mère lui prodigue les soins, elle s’adapte à lui ; c’est par un phénomène subjectif, comme l’écrit Winnicott, que le sein est créé sans cesse, recréé par l’enfant, à partir de sa capacité d’aimer ou, pourrait-on dire, à partir de son besoin. Cependant, le rôle de la mère, justement, sera de «désillusionner» progressivement son enfant, c’est-à-dire de favoriser une distance suffisante en ne se rendant plus totalement disponible pour lui (à la condition toutefois de l’avoir suffisamment entouré au départ). C’est à ce moment que l’objet transitionnel prend la place du sein ou de son substitut: le biberon. L’enfant abandonne alors le contrôle omnipotent ; le sein fusionné lui échappe brusquement. Pour accepter ce manque et le combler, il n’aura d’autre moyen que de se créer son propre espace, renonçant, de fait, à la confusion totale d’avec sa mère. Pour passer de l’état illusoire où il fantasmait être le tout, à une alternance entre un sentiment de toute-puissance et un sentiment de manque (nécessaire à tout individu), il se produit une transition que le doudou personnifie et qui évitera un trop grand traumatisme. Si l’objet transitionnel est ce lien entre la mère et l’enfant, il représente aussi ce qui va l’aider à s’en éloigner. Par cette distance qu’il crée entre l’intérieur et l’extérieur, le doudou permet au bébé d’accepter l’absence qui est source d’angoisse, en lui donnant le sentiment d’avoir avec lui le sein maternel.

      Au service de l’ambivalence présence/absence

      Après les six premiers mois de la vie, puis lorsque la mère commence à être considérée comme personne totale, le doudou sera investi de nouveaux rôles (visage, mains). Il permettra également à l’enfant de mieux percevoir l’ambivalence du couple présence/absence, les deux étant réunis dans un même temps et en un même lieu. La mère, à la fois bonne lorsqu’elle est là et mauvaise lorsqu’elle est absente, lui inspire des sentiments ambivalents. La fonction essentielle de l’objet transitionnel est donc de faciliter le dépassement de la dépendance totale ; son rôle consiste à aider le nourrisson à supporter le vide qui accompagne l’absence de sa mère en gardant celle-ci symboliquement présente. C’est ainsi que, petit à petit, l’enfant ouvrira son regard sur les autres, familiers dans un premier temps, puis plus tard sur des étrangers. Lorsque le doudou sera désinvesti, l’enfant développera sa capacité à supporter l’abstraction ; s’installeront ensuite les intérêts culturels, la vie imaginaire, la création. Premier objet non-moi, l’objet transitionnel a une réelle fonction évolutive car il appartient en propre à l’enfant qui le possède. D’où l’importance de le préserver en ne le lavant pas sans son accord : sa valeur s’en trouverait altérée. Ainsi, lorsque l’enfant choisit et chérit un doudou sale et informe, il va vers son autonomie. Et c’est bien là, le cheminement normal de la vie.

       

      Chantal Bréziski

       

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