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      Les difficultés sexuelles
      chez les hommes d'aujourd'hui

      Les difficultés sexuelles chez les hommes d’aujourd’hui
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      Pendant des siècles, ce fut un sujet tabou : on ne posait pas de questions sur la sexualité masculine, même si les hommes pouvaient plaisanter entre eux de leurs performances réelles ou fantasmées dans ce domaine.

      Il était acquis, dans un consensus quasi généralisé, que c'étaient les femmes qui, la plupart du temps, n'avaient pas de désir, ignoraient le savoir-faire en amour, produisant blocages et difficultés de tous ordres. L'idée même de la sexualité féminine posait problème et demandait remède. Disons-le tout de suite, « l'état des lieux », à aujourd'hui, ne semble pas meilleur ! Des inquiétudes, des malaises se font entendre. Beaucoup de silence, beaucoup de souffrances, avec cependant des interrogations, agitent le monde masculin.

      > Pendant des années dans notre couple, j'étais le plus désirant, j'avais même parfois le sentiment d'être un véritable obsédé ! Et puis les choses se sont inversées. Il me semble aujourd'hui que c'est elle qui est pleine de désirs et je n'arrive pas toujours à suivre. J'invoque la fatigue, le stress, l'insécurité face à mon avenir professionnel mais je sens bien que je suis dépassé, démuni...
      Les symptômes qui émergent le plus souvent, avec beaucoup de réticences et de difficultés pour en parler, sont connus : perte de l'appétence sexuelle, impuissance et bien sûr un des symptômes le plus ancien, le plus vivace dans la culture occidentale : l'éjaculation précoce. Au-delà du fait de ne pouvoir se retenir, d'aller trop rapidement pour pouvoir vivre une rencontre satisfaisante, de ne pouvoir partager un plaisir, d'être dans l'impossibilité de dynamiser la fête des corps, il y a la souffrance de ne pas se sentir à la hauteur des attentes de l'autre. Les femmes en témoignent ; elles se plaignent parfois, font preuve pour la plupart d'une patience, d'une compréhension infinie, respectueuse, qui va bien au-delà des frustrations ou des reproches.
      > Nous partageons beaucoup de tendresse, notre rencontre est devenue charnelle, plus sensuelle même que sexuelle...
      > Je tente des caresses, des stimulations mais j'ai le sentiment de l'ennuyer, de l'irriter et j'arrête souvent pour ne pas le mettre devant ses propres carences...

      > J'ai pris l'habitude de me donner du plaisir en sa présence; au début je voyais cela comme une marque de confiance et de respect et puis j'ai senti qu'il ne participait plus, alors je suis retournée à une pratique solitaire...
      Les hommes, eux, témoignent plus difficilement. Rares sont ceux qui acceptent de se confier, d'exprimer leur malaise ou leur mal-être.
      > J'avais de plus en plus de mal à avoir du désir. Au début je croyais que c'était l'habitude, la routine qui avait usé mes élans. J'ai cherché des stimulations avec des vidéos et des films, cela ne s’est amélioré pour autant.
      > Le coup d'arrêt a été pour moi mon licenciement à quarante-quatre ans. J'avais l'impression que je ne valais plus rien, que je n'étais plus un homme fiable. Je m'étais situé jusqu'alors dans mon couple en protecteur, j'étais le partenaire actif et puis tout cela s'est dérobé... avec le sentiment de ne servir à rien !
      Jusqu'ici, les hommes investissaient en général plus dans la conquête, dans l'action. Dans leur trajectoire professionnelle, ils étaient attentifs au profil de progression et de promotion. Dans le monde du travail, dans le sport, les activités physiques, la chasse ou le bricolage, ils sont aujourd'hui remis en question.
      > Combien la restauration de notre maison, durant des dizaines de fin de semaine, m'a servi d'alibi... J'étais crevé, épuisé, elle aussi d'ailleurs, et cela justifiait une activité sexuelle réduite.
      Dois-je nommer « difficulté sexuelle » le fait que beaucoup d'hommes n'ont jamais connu réellement le plaisir ou l'orgasme ? En effet, il est fréquent de confondre éjaculation et orgasme. Beaucoup de femmes le savent qui perçoivent dans l'intimité de leur corps que l'éjaculation de leur partenaire n'est qu'une décharge d'angoisse, quelquefois même à connotation agressive.
      > Sitôt fait, il s'endort sans plus se préoccuper de moi, sans un mot, sans une caresse de plus...
      Au début il est fébrile, impatient, cherche à tout prix à s'introduire, sans se soucier si je suis prête, ne prenant ni le temps, ni l'initiative de quelques caresses. Sitôt qu'il est entré, il est rassuré, s'agite et puis se calme. Voilà c'est fait. J'ai l'air d'être une mégère en disant cela ; ce n'est pas le cas, j'aspire à des rencontres vraies, satisfaisantes et pour l'un et pour l'autre...
      > Je ne veux plus être une poubelle à sperme, s'est écriée cette femme un jour de ras le bol face au devoir conjugal. L'abandon, le non-contrôle que suppose l'accès au plaisir, semblent être des difficultés plus courantes chez les hommes qu'on ne peut le supposer. Le lâcher prise, la confiance, l'ouverture à l'autre qui en sont les prémices nécessaires, au-delà des sentiments, du respect mutuel, paraissent être en défaut, pour beaucoup. Il ne s'agit pas bien sûr de généraliser mais d'oser en parler, d'ouvrir ainsi de possibles échanges plus intimes pour pouvoir envisager des démarches thérapeutiques. Une des difficultés parmi les plus censurées semble être la résurgence chez certains hommes d'une homosexualité refoulée. Je ne place pas l'homosexualité parmi les difficultés sexuelles ; c'est son rejet, son refus, sa censure ou sa négation qui en font une difficulté.
      > J'avais eu une première expérience en pension à quatorze ans avec un camarade plus âgé. Je n'ai jamais cru que je pouvais être homosexuel et pour en faire la preuve, je me suis marié assez jeune. Lorsque mon fils a eu quatorze ans, je me suis mis soudain à m'intéresser aux jeunes garçons. Tout s'est passé comme si mon fils me renvoyait à ma première séduction. J'ai tenu bon durant quatre ans, je ne suis jamais passé à l'acte, j'avais cassé toutes les relations sexuelles avec ma femme ; puis j'ai demandé le divorce l'année où mon fils a eu dix-huit ans, c'est curieux le même âge que le garçon qui m'avait séduit quand j'avais quatorze ans ! Aujourd'hui, je vis avec un homme. Tout ce temps perdu, gâché, toutes ces errances pour arriver à cela : un mariage boiteux, un enfant perturbé, pour pouvoir accepter enfin mon homosexualité…
      Cet exemple est évidemment plus complexe qu'au travers des quelques mots ; avec lesquels je le décris. Il a supposé chez cet homme, outre de la lucidité, un véritable travail sur soi pour accepter d'accéder à une vérité difficile, délicate et douloureuse à reconnaître.
      Dans beaucoup de cas, l'homosexualité reste refoulée, latente. La perte du désir, le dégoût pour certaines parties féminines, les répugnances ou même les critiques violentes contre les homosexuels, les grossièretés et les plaisanteries outrancières sur ce sujet ne sont pas entendues comme des défenses ou des résistances mais comme des jugements de valeur. L'homosexualité déniée dans un couple hétérosexuel peut être réactivée à un moment donné par un événement, une rencontre ; alors le désir vers le partenaire se détourne, s'absente et se perd dans le silence, l'indifférence, l'incompréhension. De blocages en non-dits, la vie sexuelle du couple peut se paralyser, s'étioler. Ne subsiste alors qu'une relation de compagnonnage, de cohabitation, de partenariat économique.
      La sexualité masculine, tout comme la sexualité féminine, est le support d'enjeux, de challenges, d'épreuves, de déplacements extrêmement complexes. L'arrivée d'un enfant peut détourner le désir d'un homme pour sa femme quand celle-ci devient une... mère ! Ou encore étancher celui de la mère qui se sent comblée et apaisée.
      Le propre du désir c'est qu'il échappe à toute volonté, à toute décision rationnelle. Nous ne pouvons pas nous dicter d'avoir un désir quand celui-ci est absent !
      Puis-je parler aussi, avec plus de légèreté peut-être, mais non sans gravité, d'une difficulté sexuelle qui ne se présente pas comme telle pour l'homme ou la femme mais qui est réelle pour le partenaire. C'est ce qu'il serait possible d'appeler l'excès de désir ou le terrorisme du désir. Car certains désirs sont impérialistes, tyranniques ou violents, cherchant à s'imposer sans discussion.
      > J'ai besoin de faire l'amour, si tu refuses, je me sens malade...
      > Je ne comprends pas ton refus, c'est inacceptable pour moi. Si tu étais normale tu devrais avoir envie...
      > C'est normal qu'un homme ait souvent envie de faire l'amour...
      Le désir est présenté comme un besoin impérieux qui doit être satisfait. Il sera donc imposé, le plus souvent, avec une apparente sincérité par l'homme, pour qui il est évident, normal que tu fasses l'amour avec moi parce que tu es ma femme... Le refus, la réponse différée du partenaire, sont parfois vécus comme de véritables agressions par certains hommes et les poussent à des passages à l'acte. Ainsi le viol conjugal est-il plus fréquent qu'on ne l'imagine. Et combien de violences physiques, de blessures ou de contraintes psychologiques, de culpabilisations, de dévalorisations, ont-elles pour point de départ un refus ou une opposition à des demandes trop pressantes à faire l'amour !
      Je voudrais rappeler que je n'ai pas voulu ramener, circonscrire toute la vie sexuelle contemporaine à ces quelques faits ou mécanismes. J'ai tenté de baliser quelques-unes des difficultés et des souffrances les plus présentes pour les hommes, pour inviter à des échanges, des partages, des réajustements possibles mais je ne peux terminer cette chronique sans parler du Viagra. On a beaucoup écrit, glosé dessus. J'entends cette aide chimique surtout comme un révélateur. Je ne suis pas persuadé qu'elle puisse apporter une réponse à la majorité des hommes qui en prennent. Peut-être ce stimulant est-il un support précieux pour quelques-uns à la virilité défaillante, à des pannes liées à l'âge ou à des dysfonctionnements physiologiques mais il ne doit pas inciter à faire l'impasse sur un travail de réconciliation avec soi-même. La sexualité ne peut être ramenée à la fonction sexuelle ; elle est le creuset de tous les émerveillements et aussi le foyer de tous les malentendus dans la relation d'un couple. Elle est essentiellement relationnelle. Ce n'est pas le sexe qui manque le plus, c'est la liberté de dire et d'être entendu ; c'est la fluidité des mots et la qualité du partage qui font le plus souvent défaut. La rencontre sexuelle, comme aboutissement de la plénitude et de l'intimité, engendre la participation de tous les langages de la communication, à savoir ceux des sens, des sentiments, des corps, de l'énergie ; elle s'appuie avant tout sur une congruence relationnelle, un respect de soi et de l'autre pour une amplification mutuelle du plaisir.

       

      Jacques Salomé

       

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